Bonjour
Ce message est pour broken @Apollonius
Voilà, selon le préjugé ordinaire, la foi consiste à croire sans preuves... C'est ce que disent les athées et c'est ce que certains croyants ont dit, notamment chez les protestants.
Cette idée vient de Thomas d'Aquin : selon lui, la foi manque intrinsèquement d'évidence, et c'est la volonté qui doit mouvoir l'intelligence à accepter les vérités de foi, parce que l'intelligence ne les accepte pas sous le poids de l'évidence.
Thomas d'Aquin avait donc ouvert la porte à une interprétation de la foi comme étant une sorte de connaissance dégradée, imparfaite, de second ordre, moins digne que la connaissance métaphysique, physique ou mathématique qui, elles, apportaient des certitudes...
Évidemment Thomas d'Aquin ne tirait pas ces conséquences : on les a tirées longtemps après sa mort, mais c'est lui qui a démarré le processus.
Pendant quelques siècles, on a encore enseigné que l'existence de Dieu pouvait être démontrée par la raison : Descartes, Malebranche, Spinoza, Leibniz, Berkeley, Fénelon, Voltaire et quelques autres n'en doutaient pas. Puis vinrent Hume et Kant et soudain l'existence de Dieu elle-même devint problématique. Ça devenait un objet de foi, et comme la conception de la foi allait en se dégradant, d'autant plus que la science progressait, l'athéisme devint attrayant et prit beaucoup de forces.
Cependant, il existe une autre conception de la foi remise en circulation par le théologien protestant du siècle dernier Paul Tillich. Pour Tillich, la foi, c'est la préoccupation ultime, c'est le sérieux inconditionné avec lequel on entoure quelque chose (la patrie, l'honneur, la justice, la liberté, la vérité, Dieu, @madalena , etc...) Cette expérience existentielle nous révèle la dimension de profondeur de la réalité. Et justement, pour Tillich, Dieu est dans la profondeur de notre être et non là-haut dans le ciel. Il s'agit de prendre conscience que la vie ne se réduit pas à l'horizontalité, qu'il y a une troisième dimension, où on peut rencontrer un Absolu, à condition de ne pas le confondre avec des idoles (une idole est une réalité finie qui est élevée indûment au rang de préoccupation ultime).
Ce message est pour broken @Apollonius
Voilà, selon le préjugé ordinaire, la foi consiste à croire sans preuves... C'est ce que disent les athées et c'est ce que certains croyants ont dit, notamment chez les protestants.
Cette idée vient de Thomas d'Aquin : selon lui, la foi manque intrinsèquement d'évidence, et c'est la volonté qui doit mouvoir l'intelligence à accepter les vérités de foi, parce que l'intelligence ne les accepte pas sous le poids de l'évidence.
Thomas d'Aquin avait donc ouvert la porte à une interprétation de la foi comme étant une sorte de connaissance dégradée, imparfaite, de second ordre, moins digne que la connaissance métaphysique, physique ou mathématique qui, elles, apportaient des certitudes...
Évidemment Thomas d'Aquin ne tirait pas ces conséquences : on les a tirées longtemps après sa mort, mais c'est lui qui a démarré le processus.
Pendant quelques siècles, on a encore enseigné que l'existence de Dieu pouvait être démontrée par la raison : Descartes, Malebranche, Spinoza, Leibniz, Berkeley, Fénelon, Voltaire et quelques autres n'en doutaient pas. Puis vinrent Hume et Kant et soudain l'existence de Dieu elle-même devint problématique. Ça devenait un objet de foi, et comme la conception de la foi allait en se dégradant, d'autant plus que la science progressait, l'athéisme devint attrayant et prit beaucoup de forces.
Cependant, il existe une autre conception de la foi remise en circulation par le théologien protestant du siècle dernier Paul Tillich. Pour Tillich, la foi, c'est la préoccupation ultime, c'est le sérieux inconditionné avec lequel on entoure quelque chose (la patrie, l'honneur, la justice, la liberté, la vérité, Dieu, @madalena , etc...) Cette expérience existentielle nous révèle la dimension de profondeur de la réalité. Et justement, pour Tillich, Dieu est dans la profondeur de notre être et non là-haut dans le ciel. Il s'agit de prendre conscience que la vie ne se réduit pas à l'horizontalité, qu'il y a une troisième dimension, où on peut rencontrer un Absolu, à condition de ne pas le confondre avec des idoles (une idole est une réalité finie qui est élevée indûment au rang de préoccupation ultime).