Mardi 23 février 2021. Il est près de 23 heures. Un fort vent d’ouest souffle sur Olmen, petite commune de la province d’Anvers, en Belgique. Mais rien de comparable avec la tempête qui sévit au 49, rue De-Lei. Derrière les murs de la maison de briques roses, Werner M. et sa femme Cennet se disputent. Ce n’est pas rare. Mais cette fois, on peut carrément parler d’ouragan.
Dans sa chambre à l’étage, Jasmine, la fille de Cennet, n’en perd pas une miette. Allongée sur son lit, l’adolescente de 13 ans, vêtue d’un sweat-shirt blanc, tchate sur TikTok avec ses copines. Elle les tient informées minute par minute de l’évolution de la situation. « Mon beau-père est ivre… » « Il est complètement bourré… » « Il est fou furieux. Maman ne veut pas qu’il prenne sa voiture pour aller à l’épicerie… » Elle ajoute qu’elle ne peut pas intervenir, car Werner lui a interdit de sortir de sa chambre. « Je suis morte », conclut-elle, en voulant signifier son impuissance. Hélas, le terme va se révéler bien tristement choisi…
L’alcool. C’est le gros problème de Werner, longtemps tenu secret. À son arrivée dans le quartier, en 2014, l’homme fait d’abord bonne impression. C’est un enfant du pays. Il a tenu un café en ville autrefois. Et il s’est depuis reconverti en policier de la route. Un « ange », comme on les surnomme ici, en souvenir du temps où ces motards pilotaient de grosses Harlay Davidson, sanglés dans des imperméables que le vent gonflait dans leur dos. Avec sa silhouette sportive et sa tête de cow-boy il a d'ailleurs le physique de l'emploi. Un gage de sérieux ! Mais derrière le voisin sympathique toujours prêt à rendre service, les voisins ne tardent pas à découvrir que l'homme a un autre visage...
Mardi 23 février. Cennet est à la boulangerie. En fin d'après-midi, Jasmine poste un message à son amie en rentrant du collège : « J'espère que Werner n'est pas à la maison. J'ai peur. » Mais malheureusement, si, il est là. Elle le découvre en train de boire. Une heure plus tard, au retour de Cennet, une dispute éclate, immanquablement. Werner, rouge de rage et d'alcool, ordonne à Jasmine de monter dans sa chambre. Et c'est alors que la collégienne, on l'a vu, entame un « live » sur TikTok, pour raconter à ses copines ce qu'elle perçoit depuis son lit.
Puis, la soirée avançant, elle se retrouve à discuter en privé avec sa meilleure amie sur Snapchat. Les messages dépités se succèdent, tristement répétitifs. Mais Jasmine n'est pas la seule dans la maison à pianoter sur son smartphone. Au rez-de-chaussée, Werner a, lui aussi, saisi son mobile. Connecté sur WhatsApp, il envoie des messages à des amis pour se plaindre de Cennet et de cette mise à pied professionnelle qui le fait tourner en rond. « J'en ai marre, ça suffit ! » écrit-il. Puis soudain, peu après 23 heures, toutes les messageries électroniques de la famille cessent subitement d'émettre.
Mercredi 24 février, à 6 h 45. En prenant son service au commissariat, un policier découvre un e-mail de son collègue Werner. C'est une lettre d'adieu. L'homme explique qu'il vient de régler définitivement ses problèmes. IL demande que l'on prévienne certaines personnes et que l'on prenne soin de ses deux chiens. Il ajoute, en forme de conclusion : « j'ai laissé la porte ouverte à l'arrière de la maison.»
Dans sa chambre à l’étage, Jasmine, la fille de Cennet, n’en perd pas une miette. Allongée sur son lit, l’adolescente de 13 ans, vêtue d’un sweat-shirt blanc, tchate sur TikTok avec ses copines. Elle les tient informées minute par minute de l’évolution de la situation. « Mon beau-père est ivre… » « Il est complètement bourré… » « Il est fou furieux. Maman ne veut pas qu’il prenne sa voiture pour aller à l’épicerie… » Elle ajoute qu’elle ne peut pas intervenir, car Werner lui a interdit de sortir de sa chambre. « Je suis morte », conclut-elle, en voulant signifier son impuissance. Hélas, le terme va se révéler bien tristement choisi…
L’alcool. C’est le gros problème de Werner, longtemps tenu secret. À son arrivée dans le quartier, en 2014, l’homme fait d’abord bonne impression. C’est un enfant du pays. Il a tenu un café en ville autrefois. Et il s’est depuis reconverti en policier de la route. Un « ange », comme on les surnomme ici, en souvenir du temps où ces motards pilotaient de grosses Harlay Davidson, sanglés dans des imperméables que le vent gonflait dans leur dos. Avec sa silhouette sportive et sa tête de cow-boy il a d'ailleurs le physique de l'emploi. Un gage de sérieux ! Mais derrière le voisin sympathique toujours prêt à rendre service, les voisins ne tardent pas à découvrir que l'homme a un autre visage...
IL FLIQUE FEMME ET ENFANT
Si Cennet, sa ravissante épouse d'origine turque, est discrète sur sa vie privée, la petite Jasmine se montre plus bavarde, notamment sur les réseaux sociaux. Elle y explique que son beau-père boit de plus en plus. À sa meilleure amie, elle raconte ses sautes d'humeur terribles. Entre autres sujets de dispute récurrents, Werner ne supporte pas que sa femme, qui travaille à la boulangerie voisine, ait une vie sociale après le travail. Il exige qu'elle rentre illico ! Il se montre aussi ttrès dur avec Jasmine, qu'il punit pour un oui ou pour un non. Parfois il, la prive même de dîner.INTERDIT DE VOLANT ET MUTÉ DANS UN BUREAU
À 49 ans, Werner est-il en train de se noyer dans l'alcool ? La rumeur raconte que sa hiérarchie lui a interdit de prendre le guidon et l'a muté dans un bureau. On lui a même confisqué son arme de service. Résultat : il s'est mis en arrêt maladie et passe depuis ses journées à la maison, ce qui n'arrange évidemment rien. Pourtant, quand on le croise dans la rue en train de promener ses deux chiens, l'homme continue de donner le change. Il est affable avec les voisins et leur parle de son nouveau projet : construire une véranda derrière la maison. Malheureusement, le chantier n'ira jamais à son terme...Mardi 23 février. Cennet est à la boulangerie. En fin d'après-midi, Jasmine poste un message à son amie en rentrant du collège : « J'espère que Werner n'est pas à la maison. J'ai peur. » Mais malheureusement, si, il est là. Elle le découvre en train de boire. Une heure plus tard, au retour de Cennet, une dispute éclate, immanquablement. Werner, rouge de rage et d'alcool, ordonne à Jasmine de monter dans sa chambre. Et c'est alors que la collégienne, on l'a vu, entame un « live » sur TikTok, pour raconter à ses copines ce qu'elle perçoit depuis son lit.
Puis, la soirée avançant, elle se retrouve à discuter en privé avec sa meilleure amie sur Snapchat. Les messages dépités se succèdent, tristement répétitifs. Mais Jasmine n'est pas la seule dans la maison à pianoter sur son smartphone. Au rez-de-chaussée, Werner a, lui aussi, saisi son mobile. Connecté sur WhatsApp, il envoie des messages à des amis pour se plaindre de Cennet et de cette mise à pied professionnelle qui le fait tourner en rond. « J'en ai marre, ça suffit ! » écrit-il. Puis soudain, peu après 23 heures, toutes les messageries électroniques de la famille cessent subitement d'émettre.
Mercredi 24 février, à 6 h 45. En prenant son service au commissariat, un policier découvre un e-mail de son collègue Werner. C'est une lettre d'adieu. L'homme explique qu'il vient de régler définitivement ses problèmes. IL demande que l'on prévienne certaines personnes et que l'on prenne soin de ses deux chiens. Il ajoute, en forme de conclusion : « j'ai laissé la porte ouverte à l'arrière de la maison.»
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