Les accidents de la route entre chiffres effarants et faux calculs

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Les Plans stratégiques intégrés d’urgence se succèdent sans grands résultats

Les routes marocaines semblent plus clémentes ces premiers six mois de l’année en cours. A en croire Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du Transport, le nombre des accidents graves a chuté de 16%. Le nombre de décès a baissé de 15,15%, de même que pour le nombre des blessés graves (-14,84) et le nombre total des accidents de la route (-3,33 %). On est loin donc des hausses de plus de 8% enregistrées sur la même période en 2012 et de 11 % en 2011.

Mais faut-il prendre ces chiffres au sérieux ? « Oui », répondent les experts qui estiment qu’il y a une réelle diminution par rapport à l’année précédente. Pourtant, ils pensent que ce fléchissement de la courbe des accidents graves ne va pas durer longtemps.

Selon eux, la baisse constatée est due au durcissement des contrôles qui se sont multipliés par deux. Une situation observée chaque fois qu’une nouvelle phase du Plan stratégique intégré d’urgence (PSIU) entre en vigueur. Il s’agit en l’occurrence de la stratégie gouvernementale s’étalant sur 10 ans et déclinée en plans d’action triennaux, qui a démarré en avril 2004.

Ainsi, ce fut le cas en 2005 lors de la mise en œuvre de la 1ère phase PSIU où le nombre de morts a diminué de 277 tués grâce à un durcissement du contrôle et la mise en œuvre, au début de l’année, de la circulaire du ministre de la Justice, qui ordonne le retrait des permis de conduire des contrevenants en cas d’infraction aux règles de la circulation. Une situation qui aura changé à partir de 2006 où le nombre de tués atteignait 3.754, puis 3.838 en 2007 avant de franchir la barre des 4000 victimes en 2008.

Le début de la deuxième phase de la mise en œuvre de la PSIU sera marqué par une diminution du nombre des tués mais qui ne va pas durer longtemps puisque le nombre des morts va dépasser les 4000 décès, soit une hausse de 6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Une augmentation qui a touché également le nombre d’accidents (+18,5 %, soit plus de 70.000 accidents l’année dernière). «

Aujourd’hui, le gouvernement est en train de mettre en place la troisième phase du PSIU pour la période 2013-2016. Une mise en place marquée par le renforcement des contrôles routiers. Il faut rappeler que le chef de l’Exécutif a appelé les agents de police et de la gendarmerie Royale, ainsi que les contrôleurs de la route, à adopter “une attitude ferme” avec les personnes qui violent les dispositions du Code de la route et causent des accidents, qui coûtent cher au Maroc sur les plans humain et matériel.

Et c’est ce qui explique la baisse annoncée par le ministre », nous a indiqué un responsable d’une association œuvrant dans le secteur de la prévention routière, sous le seau de l’anonymat avant d’ajouter : « En clair, la baisse enregistrée est fortement liée au durcissement du contrôle qui se relâchera au fil du temps ».

Un constat qui en dit long, selon lui, sur l’échec de la stratégie gouvernementale huit ans après comme en témoigne l’aveu du ministre lui-même qui a reconnu que le Maroc semble encore incapable de descendre sous la barre de 4.000 personnes tuées sur route. Un aveu d’échec que confirme le dernier bilan dramatique de 2012. Entre janvier et novembre 2012, les routes marocaines ont été le théâtre de 61.863 accidents, provoquant le décès de 3.767 usagers de la route, 10.939 blessés graves et 82.238 blessés légers.

http://www.libe.ma/Les-accidents-de-la-route-entre-chiffres-effarants-et-faux-calculs_a40743.html
 
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