Les pays de l’Union européenne se disputent les médecins étrangers

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
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Pour faire face à une pénurie généralisée de médecins en Europe, les pays membres sont en concurrence pour recruter les personnes diplômées à l’étranger. Quand l’Allemagne facilite leur intégration, la France les maintient dans la précarité.
LouniLouni*, médecin diplômé en 2023 en Algérie, est catégorique : « L’Allemagne offre les meilleures opportunités professionnelles. » Après avoir étudié les possibilités de migration au sein de l’Union européenne, notamment en France, où « même Emmanuel Macron avoue que la situation d’un médecin étranger est mauvaise », il a fait le choix de partir outre-Rhin pour se spécialiser puis y exercer.

Aimé, lui, a des regrets : « Avec du recul, j’aurais fait différemment. Je n’aurais pas choisi la France. Pourtant, pour moi comme pour beaucoup d’autres Sénégalais, c’est le premier pays vers lequel se tourner. » Installé en France en 2017, il travaille en chirurgie à l’hôpital de Saint-Quentin (Aisne).

Comparé avec l’Allemagne, l’accueil en France des « praticien·nes à diplôme hors Union européenne », les « Padhue », paraît désastreux. Avant leur inscription à l’ordre des médecins s’impose un long parcours semé d’embûches et marqué par la précarité. Pourtant, ces médecins sont d’indispensables renforts dans les hôpitaux publics, dans un contexte de désertification médicale toujours plus massive, avec seulement 295 médecins pour 100 000 habitant·es.

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Rassemblement devant le ministère de la santé à l’appel du Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) à Paris, le 31 mai 2022. © Photo Sébastien Calvet / Mediapart


La majorité des Padhue ont été recruté·es par des établissements de santé avec des contrats précaires, à court terme, de « stagiaire associé » ou de « faisant fonction d’interne », payés aux alentours de 1 500 euros. Un urgentiste en Charente-Maritime arrivé du Cameroun en 2019, explique pourtant accomplir « les mêmes tâches que [ses] collègues français. Mais comme je n’ai pas mon autorisation d’exercice, je n’ai pas leurs droits. »

Pour obtenir cette autorisation, la première condition est la réussite des épreuves de vérification de connaissances (EVC). Lorsqu’un·e Padhue valide ses EVC, il ou elle démarre une période de stage de une à trois années avant de se présenter devant la Commission d’autorisation d’exercice (CAE). Si tout se passe sans encombre, le ou la candidat·e peut s’inscrire à l’ordre des médecins pour exercer à l’hôpital ou en libéral.

Aux examens de vérification des connaissances, 13,5 % de lauréat·es​

Ces EVC sont un couperet. Leur notation opaque est frustrante pour ces médecins, qui préparent l’évaluation en parallèle de leur activité professionnelle. « Une épreuve de validation des compétences ne doit pas être un concours », regrette Éric Alban-Giroux, directeur de l’hôpital de Château-Gontier-sur-Mayenne (Mayenne), qui emploie 35 Padhue à plein temps, sur un effectif total de 147 médecins.

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