Turquie : Helin Bölek, chanteuse engagée en grève de la faim, est morte

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Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
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Membre du groupe de musique révolutionnaire Grup Yorum, la jeune femme de 28 ans dénonçait la répression dont sa formation fait l'objet en Turquie. Elle s'est éteinte vendredi après 288 jours de jeûne de protestation.

Helin Bölek était l'une des chanteuses du groupe de musique révolutionnaire turc Grup Yorum. Depuis 288 jours, elle observait une grève de la faim en signe de protestation contre la répression dont son collectif est victime. Elle est morte vendredi. Elle avait 28 ans.

Un autre membre de Grup Yorum, le bassiste Ibrahim Gökçek, est également en grève de la faim. Libéré pour raisons de santé, placé en résidence surveillée à Istanbul, il s'est lancé comme elle dans un "jeûne de la mort". En février, cité par Politis, le musicien expliquait les raisons de cette action qui mettait leur vie en péril : "Prendre cette décision n’a pas été si difficile au vu de ce que nous vivons chaque jour. Nos instruments et notre musique sont systématiquement détruits. Nos concerts interdits. Nos noms inscrits sur des listes terroristes, et nous sommes emprisonnés (...) Parfois, en Turquie, il faut être prêt à mourir pour se tenir débout."

La nouvelle de la mort d'Helin Bölek a été annoncée par le groupe sur les réseaux sociaux. "Helin Bölek, qui était en grève de la faim depuis 288 jours, est tombée en martyre", a écrit le collectif sur sa page Facebook.

Arrestations récurrentes, concerts interdits...............

https://mobile.francetvinfo.fr/cult...QcYxswA-xzE0Dkwc#xtref=http://m.facebook.com/
 

Selam saldım Ankara'ya gitmedi
Merhamet kıl birisinden duy götür
Amerika bizden kurban istemiş
Kes başımı ciğerimden pay götür

A güzelim incinmesin Çankaya
Topla bizi götür yatır bankaya

Terse döndü şu feleğin motoru
Yaman teper Avrupa'nın katırı
Kırılmasın diye elin hatırı
Bir milleti bir çuvala koy götür

A güzelim incinmesin Çankaya
Topla bizi götür yatır bankaya

Doğru giden emekliyi sollarken
Açık açık vurguncuyu kollarken
Bizi toptan ahirete yollarken
Tıka basa ye de bizi doy götür

A güzelim incinmesin Çankaya
Topla bizi götür yatır bankaya

Mahzuni bu yollar haktan ıradı
Bak kimin kazancı kime yaradı
Beş yıl evvel çiftçideki kredi
Bin kat oldu tumanını soy götür

A güzelim incinmesin Çankaya
Topla bizi götür yatır bankaya
 
TURQUIE. LE CHANT DE HELIN BÖLEK S’EST TU
Rosa Moussaoui

La chanteuse du Grup Yorum, une formation musicale aux engagements révolutionnaires, a succombé vendredi à la grève de la faim qu’elle poursuivait depuis 288 jours pour dénoncer la répression et la censure du régime d’Erdogan.

La tyrannie tue aussi. À Istanbul, vendredi, elle a fauché une jeune vie : celle de Helin Bölek, 28 ans, chanteuse du célèbre Grup Yorum, qui a succombé, au 288 e jour, à la grève de la faim entamée au printemps dernier pour dénoncer la censure et la répression de sa formation musicale.

Sur les dernières images d’elle qui circulaient ces temps-ci, elle apparaissait méconnaissable, joues creusées, front saillant, regard sombre et triste.

La vie la quittait déjà et chez Ibrahim Gökçek, le bassiste du groupe qui observe lui aussi ce « jeûne de la mort », elle vacille. Tous deux avaient été enlevés par la police, le 11 mars dernier, pour être hospitalisés de force.

Fondé au mitan des années quatre-vingt, alors que s’installait la dictature militaire, Grup Yorum a vu défiler soixante-dix musiciens, tous décidés à porter la voix des « peuples opprimés de Turquie et d’ailleurs ». De chants traditionnels ou révolutionnaires en compositions rock ou hip-hop, le groupe a enregistré vingt-cinq albums et donné des concerts qui attiraient des dizaines de milliers de spectateurs. Ces artistes s’étaient produits voilà trois ans à la Fête de l’Humanité, sur la scène du Front populaire de Turquie.

La popularité du groupe, ses engagements politiques en avaient fait une redoutable force d’opposition, cible, depuis 2014, d’un invraisemblable acharnement policier et judiciaire. Soupçonné d’entretenir des liens avec le DHKP-C, une organisation marxiste-léniniste qualifiée de « terroriste » par le régime d’Ankara, ce que démentent ses musiciens, le groupe ne peut plus se produire depuis cinq ans : ses concerts sont interdits. Six de ses membres sont poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste » ; la tête de ceux qui ont quitté le pays pour échapper à la prison est mise à prix ; Helin Bölek elle-même a passé deux ans dans les geôles de Recep Tayyip Erdogan : elle en est sortie l’an dernier.

Condamnée en première instance à cinq ans de prison pour avoir pris part à un concert de Grup Yorum en 2012, aujourd’hui réfugiée en France et toujours recherchée en Turquie, Sevil Sevimli se souvient d’elle comme d’une jeune femme « débordante d’énergie ». « Elle était l’une des bénévoles les plus engagées, courant de ville en ville pour former des chorales d’enfants, animer des ateliers de musique. Helin était l’un des piliers du centre culturel Idil, que le groupe faisait vivre dans le quartier populaire de Okmaydani, à Istanbul », rapporte-t-elle.

Du soulèvement de Gezi Park aux luttes pour les droits des minorités, le groupe a accompagné, en Turquie, toutes les manifestations, tous les mouvements sociaux. « Ils ont enduré pour cela d’innombrables arrestations et perquisitions. Devant la censure, ils se sont produits sur les toits, dans la rue, sur des camions, sans jamais baisser les bras. La grève de la faim, c’était la dernière extrémité, après avoir usé de tous les recours », soupire Sevil Sevimli. Ajoutant l’ignominie au crime, la police d’Erdogan a empêché samedi la famille d’Helin Bölek, de confession alévie, de procéder à certains rites funéraires, avant d’attaquer, à coups de grenades lacrymogènes, le cortège qui accompagnait la dépouille de la jeune chanteuse au cimetière.

Libéré le 24 février dernier pour des raisons de santé, un autre membre du groupe, İbrahim Gökçek, entrait aujourd’hui dans son 293e jour de grève de la faim. «  Nos instruments et notre musique sont systématiquement détruits. Nos concerts interdits. Nos noms inscrits sur des listes terroristes, et nous sommes emprisonnés, confiait-il en quittant la prison . Bien sûr, nous voulons vivre. Mais parfois, en Turquie, il faut être prêt à mourir pour se tenir debout. » Sa vie ne tient plus qu’à un fil.
 
TURQUIE. LE CHANT DE HELIN BÖLEK S’EST TU
Rosa Moussaoui

La chanteuse du Grup Yorum, une formation musicale aux engagements révolutionnaires, a succombé vendredi à la grève de la faim qu’elle poursuivait depuis 288 jours pour dénoncer la répression et la censure du régime d’Erdogan.

La tyrannie tue aussi. À Istanbul, vendredi, elle a fauché une jeune vie : celle de Helin Bölek, 28 ans, chanteuse du célèbre Grup Yorum, qui a succombé, au 288 e jour, à la grève de la faim entamée au printemps dernier pour dénoncer la censure et la répression de sa formation musicale.

Sur les dernières images d’elle qui circulaient ces temps-ci, elle apparaissait méconnaissable, joues creusées, front saillant, regard sombre et triste.

La vie la quittait déjà et chez Ibrahim Gökçek, le bassiste du groupe qui observe lui aussi ce « jeûne de la mort », elle vacille. Tous deux avaient été enlevés par la police, le 11 mars dernier, pour être hospitalisés de force.

Fondé au mitan des années quatre-vingt, alors que s’installait la dictature militaire, Grup Yorum a vu défiler soixante-dix musiciens, tous décidés à porter la voix des « peuples opprimés de Turquie et d’ailleurs ». De chants traditionnels ou révolutionnaires en compositions rock ou hip-hop, le groupe a enregistré vingt-cinq albums et donné des concerts qui attiraient des dizaines de milliers de spectateurs. Ces artistes s’étaient produits voilà trois ans à la Fête de l’Humanité, sur la scène du Front populaire de Turquie.

La popularité du groupe, ses engagements politiques en avaient fait une redoutable force d’opposition, cible, depuis 2014, d’un invraisemblable acharnement policier et judiciaire. Soupçonné d’entretenir des liens avec le DHKP-C, une organisation marxiste-léniniste qualifiée de « terroriste » par le régime d’Ankara, ce que démentent ses musiciens, le groupe ne peut plus se produire depuis cinq ans : ses concerts sont interdits. Six de ses membres sont poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste » ; la tête de ceux qui ont quitté le pays pour échapper à la prison est mise à prix ; Helin Bölek elle-même a passé deux ans dans les geôles de Recep Tayyip Erdogan : elle en est sortie l’an dernier.

Condamnée en première instance à cinq ans de prison pour avoir pris part à un concert de Grup Yorum en 2012, aujourd’hui réfugiée en France et toujours recherchée en Turquie, Sevil Sevimli se souvient d’elle comme d’une jeune femme « débordante d’énergie ». « Elle était l’une des bénévoles les plus engagées, courant de ville en ville pour former des chorales d’enfants, animer des ateliers de musique. Helin était l’un des piliers du centre culturel Idil, que le groupe faisait vivre dans le quartier populaire de Okmaydani, à Istanbul », rapporte-t-elle.

Du soulèvement de Gezi Park aux luttes pour les droits des minorités, le groupe a accompagné, en Turquie, toutes les manifestations, tous les mouvements sociaux. « Ils ont enduré pour cela d’innombrables arrestations et perquisitions. Devant la censure, ils se sont produits sur les toits, dans la rue, sur des camions, sans jamais baisser les bras. La grève de la faim, c’était la dernière extrémité, après avoir usé de tous les recours », soupire Sevil Sevimli. Ajoutant l’ignominie au crime, la police d’Erdogan a empêché samedi la famille d’Helin Bölek, de confession alévie, de procéder à certains rites funéraires, avant d’attaquer, à coups de grenades lacrymogènes, le cortège qui accompagnait la dépouille de la jeune chanteuse au cimetière.

Libéré le 24 février dernier pour des raisons de santé, un autre membre du groupe, İbrahim Gökçek, entrait aujourd’hui dans son 293e jour de grève de la faim. «  Nos instruments et notre musique sont systématiquement détruits. Nos concerts interdits. Nos noms inscrits sur des listes terroristes, et nous sommes emprisonnés, confiait-il en quittant la prison . Bien sûr, nous voulons vivre. Mais parfois, en Turquie, il faut être prêt à mourir pour se tenir debout. » Sa vie ne tient plus qu’à un fil.
Encore une victime de plus d'Erdogan :fou:
 
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